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L’ARTICLE DE NOTRE INVITÉ : Le projet d’autoroute du gouvernement péruvien menace la survie du peuple autochtone Isconahua

Par Robert Guimaraes Vásquez (Le Groupe régional pour la surveillance des mégaprojets à Ucayali (GRMMU), au Pérou)

Une proposition de projet d’autoroute du gouvernement péruvien visant à relier la ville de Pucallpa dans l’Amazone péruvien (région d’Ucayali) à la ville brésilienne de Cruzeiro do Sul (dans l’État de Acre) menace la survie du peuple autochtone isconahua, qui vit en « isolement volontaire ». En novembre 2012, le gouvernement du Pérou, par l’intermédiaire de PROVÍAS NACIONAL (une agence du Ministère des transports et des communications), a donné feu vert à la mise en œuvre du projet IIRSA Centro, qui se trouve pour l’instant à la deuxième étape de l’étude de faisabilité.

Cette région est caractérisée par de niveaux élevés de biodiversité, et accueille plus de 13 000 autochtones, notamment des Shipibo, Ashaninca, rivereños (communautés qui vivent sur le fleuve) et une population qui vit en « isolement volontaire », les ISCONAHUA. Les Isconahua sont extrêmement vulnérables, car leurs systèmes immunitaires ne peuvent les protéger contre des maladies qu’ils pourraient contracter s’ils entraient en contact avec des étrangers.[1]

Actuellement, aucune route ou autoroute n’existe sur les terres traditionnelles des Isconahua, par conséquent toute liaison de ce type avec le « monde externe » serait entièrement nouvelle. Le projet IIRSA proposé mettra par conséquent les vies des Isconahua en péril et menace d'accroître l'exploitation forestière illégale, la colonisation, le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale qui ont déjà lieu dans la région.[2]

Obligations internationales du gouvernement péruvien

Au titre de la législation et de la jurisprudence du système interaméricain, les États-nations, y compris le Pérou, ont le devoir d’obtenir le consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) des peuples autochtones touchés par toute décision ou action pouvant affecter leurs droits et territoires, notamment des décisions relatives à des projets d’infrastructures. À l’évidence, puisque les Isconahua ne sont pas en contact avec le monde externe, ils ne peuvent pas donner leur consentement au projet d’autoroute. Au vu de leur statut extrêmement vulnérable, l'État péruvien a promulgué une loi (Loi 28736, 2006file:///S:/Communications/ENewsletter/E-News%2019%20-%20February%202013/5_FPPEnews_Feb2013_IIRSAHighwayPeru_RGV_Fr.doc#_ftn3[3]) établissant des réserves auxquelles seuls les peuples isolés peuvent accéder. Le fait que le gouvernement péruvien ne fasse même qu’envisager la construction d’une autoroute traversant les terres désignées comme une réserve pour les peuples isolés soulève de graves questions quant à son engagement en faveur du respect de ses obligations juridiques aux termes du droit national et international.

Tout projet de liaison autoroutière mettrait en péril l’intégrité de la Réserve territoriale des Isconahua et de la Réserve naturelle Sierra del Divisor, une zone protégée établie par le gouvernement du Pérou, risque de violer gravement les droits des peuples autochtones et menace la survie même des Isconahua. Cette situation est exacerbée par le fait qu’une autre institution gouvernementale, PROINVERSIÓN, promeut le projet de chemin de fer transcontinental Atlantique-Pacifique (Pérou-Brésil) (FETAB), qui coïncide avec l'autoroute. Ce projet aura également des répercussions négatives graves sur les vies des communautés locales et des communautés vivant en isolement volontaire si le projet se poursuit.

En octobre 2012, le Groupe régional pour la surveillance des mégaprojets à Ucayali, une coalition d’organisations de la société civile, de leaders autochtones et d’organisations et représentants de communautés natives, a publié une déclaration rejetant ce projet.

Par ailleurs, l’année dernière, plusieurs organisations autochtones ont exhorté collectivement le gouvernement national, à travers une série de lettres adressées au bureau du Président, à adopter des mesures administratives et juridiques à tous les échelons sur les questions qui affectent les droits des peuples autochtones, telles que les répercussions sur les territoires autochtones, conformément aux lois et à la jurisprudence du système interaméricain des droits humains, à la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), à la Constitution et à la loi n° 29785 : Loi sur le droit à la consultation préalable des peuples autochtones ou tribaux, reconnue dans la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail. Toute activité menée par le gouvernement péruvien doit obtenir le consentement libre, préalable et éclairé des peuples concernés.

Nous en appelons à la solidarité internationale afin de faire pression sur la BNDES (Banque de développement brésilienne), la CAF (Banque de développement d’Amérique latine) et la BID (Banque interaméricaine de développement), les principaux promoteurs du projet IIRSA, afin de demander la suspension du projet et des mesures pour protéger et garantir les droits collectifs des peuples autochtones affectés par les mégaprojets d’infrastructures dans l’Amazone péruvien.

Pour ce faire, écrivez au Bureau du Président de la BNDES, Luciano Coutinho : [email protected]

Pour plus de renseignements à ce propos, consultez : http://www.forestpeoples.org/topics/responsible-finance

Vous pouvez également consulter le blog du Groupe régional pour la surveillance des mégaprojets à Ucayali afin de participer à la campagne et de faire preuve de solidarité : http://megaproyectosucayali.blogspot.com

Si vous souhaitez coopérer d’autres façons, veuillez contacter :

Robert Guimaraes Vásquez

Coordinateur du Groupe régional pour la surveillance des mégaprojets à Ucayali 

Escuela Amazónica de Derechos Humanos/EADH

Téléphone : 0051 (61) 961598323        Skype : rgv_sh

Adresse : Jr. Nueva Luz de Fátima 796 - Yarinacocha – Pucallpa – Ucayali – Pérou

Email : [email protected], [email protected]

Nous remercions sincèrement le(s) auteur(s) de cet article pour leur contribution au bulletin d’information de FPP. Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues du Forest Peoples Programme.

file:///S:/Communications/ENewsletter/E-News%2019%20-%20February%202013/5_FPPEnews_Feb2013_IIRSAHighwayPeru_RGV_Fr.doc#_ftnref1[1] http://www.inforegion.pe/medio-ambiente/145640/habria-indigenas-en-aislamiento-en-cercanias-de-carretera-propuesta-pucallpa-cruzeiro-do-sul/

file:///S:/Communications/ENewsletter/E-News%2019%20-%20February%202013/5_FPPEnews_Feb2013_IIRSAHighwayPeru_RGV_Fr.doc#_ftnref2[2] http://www.americatv.com.pe/portal/programas/prensa/investigaci-n/cuarto-poder/multimedia/cuarto-poder-181112-sepa-por-qu-sierra-del-di

file:///S:/Communications/ENewsletter/E-News%2019%20-%20February%202013/5_FPPEnews_Feb2013_IIRSAHighwayPeru_RGV_Fr.doc#_ftnref3[3] Article 5 de la loi 28736, Loi pour la protection des peuples autochtones ou originels en état d’isolement volontaire ou de premiers contacts 

Overview

Resource Type:
News
Publication date:
18 February 2013
Region:
Peru
Programmes:
Supply Chains and Trade Global Finance

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