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La croissance rapide de la production d’huile de palme pour répondre à la demande mondiale en huile alimentaire et en biocarburant entraîne de graves difficultés sociales et économiques. Or, il est prévu que les exploitants doublent la taille de leurs plantations au cours des 20 prochaines années.

La Roundtable for Sustainable Palm Oil (RSPO), une association multipartite à but non lucratif ayant mis au point un système de certification volontaire, a été créée en 2004 avec pour objectif d’élaborer et d’appliquer des normes mondiales en faveur d'une huile de palme durable. Depuis, au moins 46 % des plus grands producteurs et commerçants d’huile de palme se sont engagés à respecter les droits humains et à éliminer la déforestation de leurs chaînes d’approvisionnement à travers des politiques dites « NDPE » (pas de déforestation, pas de tourbière, pas d’exploitation). 

En quoi cela concerne-t-il les peuples autochtones et les peuples de la forêt ?  

Malgré les actions de la RSPO et la création par les entreprises de politiques sur les droits humains et la protection des forêts, les peuples autochtones et les peuples de la forêt en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Amérique latine subissent des atteintes multiples à leurs droits fondamentaux en lien avec la production d’huile de palme. Ces atteintes prennent la forme d’expulsions forcées de leurs terres ancestrales, mais aussi de problèmes de santé à cause de la pollution des sols et de l’eau ainsi que de destruction de leur héritage culturel et de leurs moyens de subsistance traditionnels.  

Les normes définies par les Principes et Critères de la RSPO en ce qui concerne les droits fonciers des peuples autochtones et des autres communautés potentiellement affectées sont rigoureuses, y compris celles sur la nécessité de respecter leurs droits fonciers coutumiers et leur CLIP. Elles ont considérablement contribué à l’intégration de certains principes comme celui du CLIP dans les politiques des entreprises, mais aussi dans les discours plus généraux sur la responsabilité des entreprises. Elles ont donné aux communautés affectées les moyens d’agir, ce qui a dans certains cas entraîné des améliorations concrètes comme la réduction de l’empiétement des concessions d’huile de palme sur les terres des communautés. Cependant, il subsiste d'importantes difficultés en ce qui concerne la multiplication des cas de non-conformité et des conflits d’intérêts systémiques dans les processus d’audit, ainsi que la capacité du système de gestion des plaintes de la RSPO à tenir les entreprises responsables lorsqu’il apparaît qu’elles ne respectent pas les normes sociales et environnementales élevées sur lesquelles elles s’étaient engagées.