La troisième Assemblée Bagyeli crée une nouvelle plateforme permettant aux communautés de défendre collectivement leurs droits au Cameroun

Plus de 80 membres des communautés autochtones Bagyeli du Département de l’Océan, dans la Région du Sud du Cameroun, se sont réunis pour l'Assemblée annuelle des Bagyeli du 9 au 11 décembre 2025, organisée par Bagyeli Cultural and Development Association (BACUDA), partenaire du FPP.
Plus de 80 membres des communautés autochtones Bagyeli du Département de l’Océan, dans la Région du Sud du Cameroun, se sont réunis pour l'Assemblée annuelle des Bagyeli du 9 au 11 décembre 2025, organisée par Bagyeli Cultural and Development Association (BACUDA), partenaire du FPP.
Nlaré réunit cinq organisations de la société civile bagyeli de la zone (ADEBAGO, ADEPA, ARBO, BACUDA et Mpo'ong Ya Nkwano) et permettra de défendre collectivement les droits des Bagyeli, ce qui constitue un énorme pas en avant.
Les communautés bagyeli de l'Océan sont confrontées à une multitude de menaces, car les projets d'infrastructure, de développement et d'agro-industrie se multiplient dans la région, provoquant ainsi la destruction généralisée de leurs forêts ancestrales. Certaines communautés ont été déplacées à plusieurs reprises par le port en eau profonde de Kribi, d'autres risquent de perdre leur territoire au profit de l'exploitation minière ou ont vu leurs terres appropriées par leurs voisins bantous. Toutes sont touchées par la déforestation et les plantations à grande échelle de palmiers à huile ou de caoutchouc. En outre, les participants à l'Assemblée ont soulevé les problèmes liés à la discrimination, la marginalisation, la perte de leur culture et de leur langue, sans oublier ceux liés à l’accès à la citoyenneté.
Les leaders bagyeli ont exprimé leur espoir que Nlaré leur permettra de dialoguer d’égal à égal avec les autorités, de défendre efficacement les droits des Bagyeli, de préserver leur patrimoine culturel menacé et de négocier des programmes de développement adaptés à leurs réalités.
Les objectifs de Nlaré wa Bagyeli sont les suivants :
- Promouvoir l’autonomisation, l’intégration socio-économique, culturelle et professionnelle des Bagyéli du Cameroun en les sensibilisant et en menant les activités y afférentes;
- Valoriser et protéger les terres et forêts occupées par les Autochtones en assurant la protection de l’environnement;
- Promouvoir et revaloriser les cultures bagyeli;
- Promouvoir l’insertion sociale des Bagyeli;
- Faciliter l’inclusion de toutes les composantes de la population bagyeli, notamment les femmes et les jeunes.
Rostand Diki, chargé de projets de Nlaré, a donné plus de détails :
Nlaré se présente pour moi comme l'aboutissement d'un mouvement qui vient combler un vide en termes d'activisme dans la société civile autochtone de l'Océan. D'un point de vue stratégique, Nlaré est la vitrine ou le canal de communication des organisations autochtones et des communautés autochtones de l'Océan. Je suis très satisfait de la manière dont les choses se sont déroulées lors de cette assemblée générale. Nlaré est pour nous un espace qui permettra aux organisations de l'Océan d'avoir un discours et une vision communs face aux situations ou aux défis auxquels nos communautés sont confrontées. L'arrivée de cette plateforme renforce les liens d'unité, d'apprentissage et de partage d'expériences afin que nous soyons capables d'influencer les dynamiques et les décisions dans notre zone."
Maintenant que le Nlaré wa Bagyeli dispose d'un organe directeur actif, il va s'efforcer de légaliser la plateforme et de l'utiliser comme principal outil de communication avec le gouvernement et les acteurs du secteur privé.
Une voix pour les femmes des communautés bagyeli
Les discussions de l'assemblée ont été ponctuées de chants, de danses et de célébrations de la culture bagyeli, et les séances plénières ont été animées à la fois par des hommes et des femmes afin de garantir l'équilibre entre les genres. BACUDA a également accordé une attention particulière à la situation spécifique des femmes bagyeli, qui subissent une double marginalisation liée à leur appartenance autochtone et à leur sexe, en organisant des groupes de discussion séparés. Les femmes ont déclaré qu'elles souhaitaient bénéficier d'un renforcement des capacités pour les aider à faire entendre leur voix, et ont demandé un soutien pour la transformation des produits forestiers non ligneux, la promotion de la médecine traditionnelle et de l'artisanat, ainsi que des formations dans les domaines de l'agroécologie, de l'hygiène et de l'assainissement, et du métier de sage-femme aussi bien que du petit commerce comme l’esthétique, la coiffure et le tissage.
Aperçu
- Type de ressource:
- Actualités
- Date de publication:
- 18 février 2026
- Région:
- Cameroun
- Programmes:
- Gouvernance territoriale
- Partenaires:
- The Bagyeli’s Cultural and Development Association (BACUDA)

